raocnter la vie

Raconter la vie, la nouvelle collection du Seuil.

Raconter la vie  est une nouvelle collection publiée par le Seuil dirigée par Pierre Rosanvallon historien et sociologue français qui s’intéresse particulièrement à l’histoire de la démocratie française.

le parlement des invisiblesDans cette collection de textes courts il donne la parole à ceux qu’il appelle « Les Invisibles ». Les invisibles c’est nous; citoyens dont on ne parle pas assez,  partie émergée de l’ iceberg. Dans son manifeste Le parlement des invisibles il donne les raisons, les choix qui l’ont poussé à créer cette collection. Il y explique que pour lui « le pays ne se sent plus écouté ». Penser collectif c’est important, mais ce qui fait la force du collectif c’est la réunion de plusieurs individualités. Et ces individus à qui l’on ne donne plus la parole ,  ne comprennent plus le monde politique et s’en trouvent exclus.

« Une impression d’abandon exaspère et déprime aujourd’hui de nombreux Français. Ils se trouvent oubliés, incompris. Ils se sentent exclus du monde légal, celui des gouvernants, des institutions et des médias ». 

Cette collection est faite de voix plurielles. Des sociologues, des ethnologues, des journalistes des écrivains qui racontent des vies: celle d’un chercheur, d’une femme passionnée de chats, d’un ouvrier, d’un chauffeur-livreur.

« Pour raconter la vie, il faut des écritures et des approches multiples. »

la course ou la ville


A la librairie nous avons aimé le principe de cette collection et nous avons lu La course ou la ville écrit par une journaliste, Eve Charrin. Nous avons été attirées par le sujet puisqu’elle enquête sur le métier de chauffeurs-livreurs, un travail que nous côtoyons tous les jours en tant que libraire. Un métier difficile effectué par des personnes humbles et terriblement » zen » face à la circulation, à la rapidité des tâches effectuées, puisqu’ils doivent livrer en un temps donné et surveillé. Eve Charrin les a suivi dans leur quotidien. Elle nous permet d’ouvrir notre regard, et nous ramène à des réalités que nous oublions trop souvent.

« Sans eux, les magasins seraient vides. Qui se soucie pourtant des chauffeurs-livreurs qui nous approvisionnent? Aux yeux des citadins, ils apparaissent comme des gêneurs: déclencheurs d’embouteillages, pollueurs… A eux de concilier l’inconciliable: le stress des automobilistes et les exigences du client, l’impatience des consommateurs et l’aspiration à la tranquillité des riverains. » 

Eve Charrin porte un regard critique et drôle sur nous les « bobos parisiens », elle nous met face à nos contradictions, aux siennes aussi parce qu’elle ne s’épargne pas. Nous voulons pouvoir aller au supermarché trouver nos produits frais mais on ne supporte pas d’être réveillé par le bruit du camion frigorifique du livreur, qui répond pourtant aux normes anti-bruit. Nous voulons que nos villes deviennent  des villes propres, avec de moins en moins de camions. Mais  les livreurs ne vont pas livrer nos supérettes en pousse-pousse! Ce livre piquant et drôle est un plaisir de lecture et une sensibilisation à l’autre.

Raconter la vie est une collection qui nous permettra à nous d’écouter d’autres voix, des voix qui nous sont inconnues parce quelles étaient jusqu’alors silencieuses ou noyées dans la masse. Et peut-être que ça nous permettra ainsi de mieux nous comprendre et mieux nous entendre .

Et si le rêve devient réalité,   l’émergence d’un « Parlement des Invisibles »?

L’aventure se poursuit aussi sur le site internet www.raconterlavie.fr .

Commentaires Clos.